Diagnostic DPE défaillant : quelles améliorations apporter ?

Réformé en 2021, le DPE est sous le feu de nombreuses critiques. Pourtant, c’est un document important lors de la vente ou de la mise en location d’un bien immobilier. En effet, les logements mal classés au DPE (et donc les plus énergivores) seront progressivement interdits à la location. La Direction de l’habitat, de l’urbanisme et du patrimoine (DHUP) a présenté, le 5 octobre, une feuille de route pour améliorer la qualité des DPE aux professionnels de l’immobilier.
La rédaction de l'Energie Tout Compris

modification du diagnostic DPE

Depuis son instauration en 2021, le nouveau DPE (diagnostic de performance énergétique) fait couler beaucoup d’encre. Sa fiabilité pose question.

Qu’est-ce que le DPE ?

Le DPE est un document qui permet d’estimer la consommation énergétique d’un logement et son taux d’émission de gaz à effet de serre. Il classe ainsi les logements de A (très performant) à G (passoire thermique). Ce document est obligatoire dans le cadre d’une vente ou d’une mise en location immobilière. Il doit être réalisé par un professionnel certifié.

Le DPE a été réformé en 2021, pour être plus précis. Il est désormais opposable au niveau de la loi et repose sur les caractéristiques du logement (isolation, système de chauffage, qualité du bâti, etc.) plutôt que sur les factures d’énergie du précédent occupant.

À lire aussi : Nouveau DPE : 6,5 % des logements devront être rénovés avant 2025

Pourquoi le DPE doit-il être amélioré ?

Depuis sa mise en place, le nouveau DPE ne cesse de faire l’objet de critiques. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a notamment déploré le manque de fiabilité du DPE. Elle a mis en avant le fait qu’une même maison, faisant l’objet de plusieurs diagnostics, n’était pas classée de la même manière. Le classement peut ainsi aller de B à E. Or, cet écart est problématique puisque le classement au DPE va, sous peu, réglementer le marché locatif ! Les passoires thermiques seront bientôt interdites à la location : en 2025, l’interdiction concernera les logements classés G et en 2028, ceux classés F.

À lire aussi : Nouveau DPE : la version corrigée est entrée vigueur le 1er novembre 2021

Comment améliorer le DPE ?

Pour répondre à ces critiques, la DHUP a émis une feuille de route pour améliorer le DPE. Les trois axes avancés sont les suivants :

  • créer une fiche technique qui sera remplie par les propriétaires et les administrateurs de biens avant le passage du diagnostiqueur ;
  • renforcer les compétences du diagnostiqueur en harmonisant les pratiques grâce à une journée de sensibilisation organisée en 2023 ;
  • outiller les organismes de certification des diagnostiqueurs.

Pour la CDI Fnaim, fédération des professionnels du diagnostic immobilier, ces propositions vont dans le bon sens, mais ne sont pas suffisantes. L’organisation propose ainsi d’autres actions à mettre en œuvre :

amélioration diagnostic immobilier

  • encadrer les tarifs du DPE avec l’instauration d’un prix plancher ;
  • préparer réellement au métier de diagnostiqueur grâce à l’apprentissage ;
  • mettre en place un système de certification adapté à la filière pour les petites et les grandes entreprises, afin que les entrepreneurs du diagnostic aient le choix entre la certification d’entreprise et la certification de personne ;
  • créer une véritable branche professionnelle, voire mettre en place « une autorité qui pourrait sanctionner les diagnostiqueurs peu consciencieux qui ternissent l’image de (la) filière ».

À lire aussi : Comment choisir un diagnostiqueur DPE ?