Passoire thermique : qu'est-ce que c'est ?

Marcheteau

En France, un logement sur cinq est qualifié de « passoire thermique ». Ces logements, construits au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, génèrent de nombreux problèmes écologiques et économiques pour le pays. Décryptage du phénomène.

Le parc immobilier français comptait, au dernier recensement, 36,3 millions de logements. Parmi, ceux-ci, un peu plus de 7 millions sont considérés comme des passoires thermiques. De quoi s’agit-il ? Ce sont des logements très mal isolés et qui comportent des ponts thermiques, c’est-à-dire des zones où s’engouffrent le froid l’hiver et la chaleur l’été. Ces logements posent de véritables problèmes pour l’environnement et l’économie en France.

Ce n’est donc pas un hasard si, depuis 2017 et l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Elysée, la rénovation énergétique est devenue une priorité nationale. Le 14 juin dernier, le président évoquait « un plan de modernisation du pays autour de la rénovation thermique des bâtiments ». Quelques mois plus tôt, une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale s’attaquait de plein fouet à ces passoires thermiques.

Mais pourquoi ces logements, bâtis la plupart du temps au lendemain de la deuxième Guerre Mondiale, posent-ils tant de problèmes ? Le bâtiment représente environ 20% des émissions de gaz à effets de serre en France. Vu la part non négligeable de ces passoires thermiques extrêmement énergivores dans le parc immobilier français, ils sont responsables de cette forte émission de GES. Et le problème n’est pas qu’écologique. Cette grande consommation énergétique induit inévitablement une facture d’énergie plus élevée pour les ménages. On peut également pointer du doigt les risques sur la santé des habitants de ces passoires, soumis en hiver à des températures extrêmes et des problèmes d’humidité.

Comment savoir si je vis dans une passoire thermique ?

Il existe aujourd’hui un moyen très simple de connaître la performance énergétique de son habitation. Le diagnostic de performance énergétique (DPE) permet en effet de quantifier précisément les consommations énergétiques ainsi que les émissions de gaz à effet de serre liées à votre habitation. Pour réaliser ce DPE, il faudra faire appel à un professionnel agréé. Ce dernier, au terme de l’examen minutieux de votre logement, vous fournira :

  • Une étiquette énergie (de A à G) pour évaluer la qualité énergétique de votre bâtiment. Il sera considéré comme passoire énergétique s’il est situé entre F et G.
  • Une étiquette climat avec le même système de notation.

Cette étude approfondie peut également vous aider à savoir par quels travaux commencer pour isoler efficacement votre maison et, donc, voir diminuer rapidement votre consommation d’énergie.

Que faire si mon habitation est une passoire énergétique ?

En France, un ménage sur cinq occupe une passoire thermique et se trouve en situation de précarité énergétique, c’est-à-dire en proie à des difficultés pour payer ses factures d’énergie ou se projeter dans des travaux de rénovation énergétique.

Il existe pourtant de nombreuses aides mises en place par les autorités publiques mais aussi par les fournisseurs d’énergie, comme Total :

  • Ma Prime Rénov ;
  • le CITE ;
  • l’éco-prêt à taux zéro ;
  • une TVA réduite ;
  • les offres Coup de Pouce des fournisseurs d’énergie ;
  • le chèque énergie ;
  • les aides des collectivités locales ;
  • etc.

Ces aides permettent notamment de financer de nombreux travaux afin de transformer les passoires thermiques en logements plus efficaces au point de vue énergétique. Parmi ces travaux, on peut notamment citer l’isolation de la toiture, principale source de déperdition d’énergie (30%), des murs (20%) ou encore du plancher bas (10%). Ces primes offrent aussi la possibilité aux Français de remplacer leur ancien système de chauffage par une version plus performante et utilisant une énergie renouvelable.

Besoin de conseils sur les travaux de rénovation à entreprendre chez vous et sur les aides auxquelles vous avez droit ? Rendez-vous sur notre simulateur.