Le chauffage au gaz banni dans le neuf mais encouragé dans l’existant

La nouvelle règlementation sur la construction des bâtiments neufs ne permettra plus l’installation d’une chaudière au gaz dans le neuf à l’été 2021. Pourtant, dans l’existant, il est encore possible d’obtenir des aides. Le ministère justifie sa décision.
La rédaction de l'Energie Tout Compris

« Une rupture majeure », c’est en ces termes que Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, qualifiait récemment la dernière règlementation sur la construction des bâtiments neufs. Cette nouvelle règlementation, baptisée RE 2020, envoie en effet un message fort aux acteurs du gaz en France. Si elle n’interdit pas formellement le gaz dans le neuf, en fixant un seuil d’émission de CO2 très bas (4 kg de CO2 par mètre carré et par an), le gouvernement rend quasiment impossible l’installation d’une chaudière à gaz dans les maisons individuelles à partir de l’été 2021. Pour l’habitat collectif, la mise en place de cette mesure s’effectuera de manière progressive mais, dès 2024, il deviendra extrêmement difficile d’y installer un chauffage au gaz.

Plus de contraintes dans l’existant que dans le neuf

Si le sort du gaz dans le neuf semble scellé, dans l’existant, ce n’est pas encore le cas, comme l’a confirmé le ministère chargé du Logement, interrogé par Le Figaro récemment. Il a en effet confirmé que les aides sont maintenues en 2021 pour l’installation d’une chaudière au gaz à très haute performance énergétique. « Lorsqu’on construit un logement neuf, on a le choix du mode de chauffage. Dans un logement existant, les possibilités techniques et économiques sont plus contraignantes, analyse l’entourage d’Emmanuelle Wargon, ministre chargée du Logement. Remplacer les chaudières gaz (plus de 50% des logements) par des chaudières à haute performance permet de lutter contre la précarité énergétique et ainsi de réduire la facture des ménages les plus modestes de 20% à 30%. »

Les pompes à chaleur davantage encouragées

D’aucuns ont pointé l’incohérence du gouvernement qui, d’un côté, prône pour la suppression du gaz à moyen terme, et d’un autre, continue d’aider les ménages qui optent pour une installation au gaz. Toutefois, le ministère précise que ces aides sont moins importantes que celles allouées à d’autres appareils plus écologiques, comme les pompes à chaleur ou les chaudières biomasse.« Il y a un encouragement très net à changer pour des énergies plus propres », justifie-t-on au cabinet d'Emmanuelle Wargon.

Jusqu’à 1.200 euros d’aides pour une chaudière gaz à très haute performance

Ainsi, l’aide MaPrimeRénov’ allouée pour l’installation d’une pompe à chaleur oscille entre 2.000 et 4.000 euros en fonction des revenus, contre seulement 800 à 1.200 euros pour une chaudière au gaz à très haute performance énergétique. Au travers ces aides, le gouvernement entend donc inciter les ménages français à opter dès à présent pour les énergies renouvelables. Et le message semble plutôt bien passer puisqu’entre 2018 et 2019, les ventes de PAC ont augmenté de 82 % quand celles de chaudières au gaz chutaient de plus de 5 %.

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