Le marché du gaz fortement impacté par le coronavirus

La rédaction de l'Energie Tout Compris

A l’instar du pétrole, les prix du gaz ont chuté suite à la crise du coronavirus. Le marché du gaz, déjà fortement impacté en raison de déséquilibre entre l’offre et la demande avant cette pandémie, cherche des solutions afin de remédier à cette situation.

Marché du gaz impacté par le Corronavirus

Le pétrole n’est pas la seule source d’énergie à payer un lourd tribut suite à la crise du coronavirus. Le marché du gaz connait lui aussi de solides perturbations depuis le début de la propagation du virus en Chine. En décembre 2019, ce pays est devenu le principal importateur mondial de gaz devant le Japon et la Corée du Sud. La paralysie de l’économie en Asie, région durement frappée par la pandémie, a engendré une très grande diminution de cette demande en gaz. Début février, avec cette baisse de la demande, les cours de gaz en Asie sont ainsi descendus au plus bas de leur histoire. En Europe et sur le continent américain, on a enregistré une baisse de 18%.

Des tensions entre la Chine et les producteurs de gaz

Preuve de ce malaise, en février dernier, plusieurs grands importateurs chinois ont invoqué le cas de « force majeure » pour ne pas réceptionner leurs cargaisons de gaz. Relié contractuellement à long terme au producteur, ces clients chinois espèraient ainsi pouvoir acheter leur gaz au « prix spot », c’est-à-dire au prix actuel du marché, bien inférieur compte tenu de la conjoncture, plutôt qu’à celui stipulé dans leur contrat. La force majeure est une clause dans les contrats qui permet de dégager l’une ou l’autre des parties de toute responsabilité en cas d’événements extraordinaires ou de circonstances indépendantes de sa volonté.

Mais cette crise du COVID-19 peut-elle être considérée comme un événement permettant d’invoquer la force majeure ? Pour TOTAL, qui a reçu une demande de force majeure provenant d’un client chinois, la réponse est non. Le numéro 2 mondial du gaz a en effet refusé cette clause en février dernier, invoquant que toutes les conditions n’étaient pas réunies. Les ports chinois étant notamment encore capable d’accueillir les cargaisons.

Une crise qui arrive « au pire des moments » pour le marché du gaz

Si cette chute des prix du gaz fait le bonheur des particuliers, du côté des producteurs, on fait grise mine. Il faut dire que le marché du gaz était déjà bien mal en point avec cette crise du coronavirus. En effet, les prix étaient déprimés en fin d’année et cette pandémie n’a fait qu’accroître le phénomène. La douceur de l’hiver n’a en effet pas dopé la demande en gaz de chauffage alors que l’offre était déjà en surabondance. Si la demande en gaz continue de croître, elle peine à suivre une offre importante, poussée par les usines de liquéfaction américaines, australiennes et russes, notamment. « L’épidémie de coronavirus et son impact sur la demande de gaz chinoise ne pouvaient pas tomber à un pire moment pour un marché du gaz naturel liquéfié déjà excédentaire », soulevaient les analystes de Wood Mackenzie, groupe mondial de recherche et de conseil dans le domaine de l’énergie, en février dernier. Pour sortir de ce cycle, plusieurs pays comme l’Égypte ou l’Indonésie ont déjà assuré qu’ils freineraient leur production de GNL.

Les grandes compagnies freinent leurs investissements

Dans ce contexte incertain, certaines grandes compagnies ont d’ores et déjà décidé de mettre un frein à leurs plans d’investissements pour 2020. Devant cette crise, certains grands producteurs de gaz ont d’ores et déjà annulé certains marchés importants, notamment des projets d’exportation de gaz depuis les États-Unis vers l’Europe.