Les chaudières fioul vont se mettre au colza

Face à l’interdiction de l’installation de chaudières au fioul dans les logements en 2022, les professionnels du secteur accélèrent le déploiement d’un combustible fabriqué à partir de colza. Ils espèrent ainsi que l’ensemble des installations tournent au biofioul d’ici 2028.
La rédaction de l'Energie Tout Compris

chaudiere fioul colza

Le fioul est aujourd’hui le troisième combustible le plus utilisé en France pour le chauffage domestique. Il permet de chauffer 3,5 millions d’habitations en France, soit 12 % du parc immobilier français.

Le fioul banni du parc immobilier français en 2022

Depuis quelques années, le recours à cette énergie fossile est en déclin. On compte en effet 40.000 nouvelles installations pour 100.000 remplacements de chaudière fonctionnant au fioul par d’autres systèmes chaque année.

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Une diminution qui devrait s’accentuer en raison des différentes mesures mises en place par le gouvernement depuis quelques années. A partir de juillet 2021, il sera en effet interdit d’installer une chaudière fonctionnant au fioul dans les logements neufs. En 2022, ce décret s’étendra aux logements existants, avec quelques exceptions tout de même pour les ménages qui n’ont d’autres alternatives que le fioul pour se chauffer.

Une habitation au fioul = 3 voitures par an

Avec cette mesure, le gouvernement entend diminuer le recours à cette énergie dans le but d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Pour rappel, le bâtiment est le troisième secteur le polluant de France avec près de 23 % des émissions totales de gaz à effet de serre, derrière l’industrie et les transports.

Selon les données du ministère, la consommation annuelle d’une habitation chauffée au fioul représente l’équivalent de la consommation de trois voitures par an !

Un nouveau combustible produit à partir de graines de colza

Pour remplacer cette énergie, les professionnels du fioul domestique accélèrent le déploiement d’un nouveau combustible réalisé à partir de graines de colza.

Ce biocarburant, déjà disponible dans plusieurs régions de France, sera dans un premier temps incorporé au fioul : autour de 30% d'abord par litre de fioul, puis 50% à l’horizon 2030 et même 100% en 2040. Dans la Principauté de Monaco, par exemple, de nombreuses chaudières sont alimentées uniquement grâce à ce biocarburant.

80.000 agriculteurs et 500 coopératives en produisent en France


Reste à savoir si l’offre de colza pourra répondre à cette demande. Pour Frédéric Plan, le délégué général de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), cela ne devrait poser aucun problème. La France est en effet l’un des principaux producteurs de colza en Europe et, selon lui, les 80.000 agriculteurs et 500 coopératives qui en produisent actuellement sur le sol français sont en attente de nouveaux débouchés. « Il n'y aura pas de problème de ressources, car la France est l'un des premiers producteurs de colza en Europe, et son utilisation comme énergie n'entre pas en concurrence avec l'alimentation humaine, rappelle-t-il. Dès aujourd'hui, toutes les nouvelles chaudières sont déjà adaptées pour fonctionner avec ce biocarburant et pour les logements actuels, le changement du brûleur suffira. »

Le colza 15 % plus cher que le fioul

Demeure tout de même la question du prix puisque le colza est actuellement 15 % plus cher que le fioul. Les professionnels réclament ainsi une taxation allégée pour permettre à la filière d’être davantage compétitive. L’objectif étant que l’ensemble des installations tournent au biofioul d’ici 2028.