La France compte 4,8 millions de passoires thermiques

La rédaction de l'Energie Tout Compris

Une nouvelle étude publiée par le ministère de la Transition écologique révèle que 11 millions de Français vivent dans près de cinq millions de logements mal isolés, aussi appelés passoires thermiques. Le plan de relance économique du gouvernement entend contribuer à la rénovation énergétique de ces habitations.

Passoires thermiques

Le plan de relance de 100 milliards d’euros dispose d’un important volet écologique. En effet, 30 milliards d’euros seront destinés au financement de la transition écologique à travers la rénovation thermique des bâtiments, l’aide à la décarbonation de l’industrie, le bonus écologique, la prime à la conversion pour l’achat d’un véhicule propre, etc. A travers ce plan, le gouvernement veut soutenir l’emploi tout en incitant les ménages français à se mettre au vert.

 

Si l’on ne considère que les seuls enjeux de rénovation thermique des bâtiments, cette aide est plus que bienvenue. Beaucoup de logements sont encore très mal isolés et entraînent des déperditions d'énergie conséquentes.

 

17% des logements sont des gouffres énergétiques

Une nouvelle étude publiée par le ministère de la Transition écologique révélait dernièrement que 4,8 millions de logements sur les 29 millions de résidences principales qu’il y a sur le territoire de l’Hexagone s’avéraient être des passoires thermiques. Il s’agit d’habitations dont la classe énergétique est F ou G, les deux notations les plus faibles pour des habitations privées. Autrement dit, environ 17% de logements sont des gouffres énergétiques.

 

Ces bâtiments sont responsables de 19 % des émissions nationales de gaz à effet de serre et exposent de nombreux citoyens à un problème de précarité énergétique. Les ménages les plus modestes occupent 28 % des logements F et G dans le parc locatif privé. Ce seraient au total 11 millions de Français qui vivent dans une passoire thermique.

 

500.000 logements à rénover par an

Pour rappel, le gouvernement s’est fixé l’objectif de 500.000 logements rénovés par an visant à les inscrire dans une classe énergétique A ou B. Il s’agit donc de transformer ces passoires thermiques en bâtiments basse consommation. Ces derniers ne représentent aujourd’hui que 7% des habitations en France. Si l’objectif est ambitieux, les résultats sont pour le moment à la peine, avec à peine quelque 25.000 rénovations réalisées chaque année.

Ces données plus précises doivent aider le gouvernement dans le pilotage de la transition.  Et ce plan de relance veut soutenir ces démarches de rénovation énergétique, en rendant notamment le système d’aides plus lisible, plus simple et plus efficace. L’idée est de privilégier à terme des projets de rénovation globaux, qui permettent d’améliorer la performance de l’ensemble d’une habitation, et non plus uniquement des actions isolées comme le remplacement de la chaudière ou l’isolation des combles.

 

Des emplois créés et de belles économies sur la facture

Cette démarche de rénovation énergétique serait aussi créatrice d’emplois. Selon le collectif Rénovons, transformer les passoires thermiques en habitations basse consommation permettrait de créer 93.000 emplois entre 2020 et 2030. Une telle rénovation permettrait une économie annuelle de 1.100 euros sur les factures énergétiques de ces ménages.