COP24 : un bilan en demi-teinte

Marcheteau

La COP24 s’est achevée le 15 décembre à Katowice en Pologne après une quinzaine de jours d’échanges et de négociations. Quel bilan peut-on en tirer ?

 

 

Quels sont les engagements pris à la fin de la COP24 ?

La COP24 s’est conclue par la signature d’un accord dictant les règles et modalités d’application de l’accord de Paris. Les presque 200 pays participants se sont ainsi entendus sur plusieurs éléments. L’accord :

  • Précise comment compter les émissions. Cela permettra de faciliter l’analyse des résultats présentés par chaque pays.
  • Engage les pays à soumettre un rapport expliquant les actions mises en place tous les deux ans. Ce rapport sera soumis à l’examen d’experts. Il ne donnera toutefois pas lieu à des sanctions.
  • Engage les pays à effectuer un bilan global de leurs efforts tous les cinq ans. Le premier aura lieu en 2023.

Une trentaine de pays rassemblés au sein de l’organisation « High ambition coalition » ont co-signé une déclaration indiquant leur volonté de redoubler d’efforts par rapport au ralentissement du réchauffement climatique. L’Allemagne, la France, le Luxembourg, le Canada, les Fidji, mais aussi les Pays-Bas font partie des pays ayant paraphé le texte.

Des résultats insuffisants pour la COP24

La COP24 a laissé un sentiment d’inachevé, voire d’échec, à certains observateurs comme les ONG ou le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), en raison du manque d’ambition affiché par les pays ayant pris part à la COP24. La révision à la hausse des promesses de réduction des gaz à effet de serre faisait notamment partie des décisions attendues et n’a pas eu lieu.

On notera en outre que de nombreux pays participants ont défendu les intérêts de leur pays et/ou contribué au ralentissement de la prise de décisions. La Pologne a défendu son industrie charbonnière, les États-Unis ont confirmé leur fort intérêt pour les énergies fossiles, plusieurs pays (Russie, États-Unis, Arabie Saoudite, Koweit) ont fait front afin de minimiser la visibilité du rapport du GIEC, le Brésil a affirmé sa volonté de comptabiliser les émissions vendues à un autre pays dans son bilan climat national… La France est quant à elle restée relativement discrète, alors qu’elle avait porté, il y a quelques années, la signature de l’accord de Paris.  

L’absence de sanction en cas de non-respect des engagements peut également être soulignée, tout comme la négligence de la problématique du financement de la transition énergétique pour les pays pauvres.

 

Pour rappel, les principaux objectifs de l’accord de Paris étaient de limiter l’élévation de la température moyenne mondiale à 2 °C (voire 1,5 °C si possible) et de réduire de manière drastique les émissions de carbone.

 

Le saviez-vous ?

La prochaine COP, la COP25, aura lieu au Chili, en Amérique du Sud.

 

Pour aller plus loin :