Une nouvelle tendance s’affirme dans le domaine de la rénovation énergétique, l’augmentation de l’usage d’isolants « biosourcés ». Mais de quoi s’agit-il exactement ? Et comment choisir au mieux ?

Qu’est-ce-qu’un isolant biosourcé ?
Marché de l’isolation extérieure : une utilisation des isolants biosourcés grandissante

Lors de la réalisation d’un projet d’éco-construction (habitation respectant la performance énergétique, l’environnement et la santé) les éco-matériaux sont privilégiés.

Dans ces matériaux, deux grandes familles d’isolants existent :

  • les isolants recyclés comme la ouate de cellulose, ou le Métisse (isolant en textiles recyclés), souvent retrouvés dans l’isolation des combles
  • les matériaux issus de la biomasse animale ou végétale plus courant dans l’isolation par l’extérieur

Les matériaux « biosourcés » les plus connus sont le bois, la paille, le chanvre, le liège, la laine de mouton

Quels sont les isolants biosourcés les plus utilisés dans l’isolation par l’extérieur (ITE)?

Les produits d’origine végétale représenteraient aujourd’hui 10 % du marché de l’isolation. Pour les façades, les isolants à base de fibre de bois restent le premier choix des acteurs qui se tournent vers les produits végétaux.

La fibre de bois est celle qui rivalise le plus avec les isolants traditionnels. Sur le plan thermique, son niveau de conductivité est proche des laines minérales ainsi que sa capacité de déphasage1.

Elle présente une résistance au feu puisqu’en cas de feu  les surfaces des panneaux carbonisent empêchant ainsi l’isolant de brûler.

Le béton de chanvre a, quant à lui, de très bonnes propriétés d’hydrorégulation2. Il s’adapte aussi bien à l’ancien qu’aux constructions plus récentes. Il est aussi apprécié pour le confort des occupants et la pérennité du bâti.

En terme technique, ces isolants se retrouvent dans toutes les techniques d’ITE (Isolation Thermique par l’Extérieur) : sous enduit et façade ventilée.

Focus sur le  marché de l'isolation par la fibre de bois

Le marché de la fibre de bois est en pleine expansion.

Les enjeux du marché de la performance énergétique, et plus particulièrement celui de l’isolation extérieure, sont tels, qu’aujourd’hui, les industriels de la fibre de bois investissent et multiplient les sites et  capacités de production.

D'une part, le segment des isolants biosourcés est de plus en plus mûr. D'autre part, les leaders traditionnels du marché de l'isolation veulent protéger leurs parts de marché.

Pour preuve, le numéro un du marché de l’isolation Isover (filiale de Saint-Gobain) a lancé à l’automne dernier un produit innovant Isoduo mixant laine de verre, fibre de bois et additifs. Le symbole est fort. C’est la résultante d’un partenariat entre un géant du minéral et une PME du végétal. L’un apporte ses Avis techniques et l’autre ses produits biosourcés.

Par ailleurs, la recherche d’un habitat performant mais aussi sain et respectueux de l’environnement, oriente aussi les maîtres d’ouvrage vers les matériaux biosourcés.  Ces derniers s’adaptent a priori aux habitations en bois mais pas seulement. Le marché s’ouvre peu à peu vers l’habitat traditionnel pour quitter l’univers exclusif de la construction dite « écolo ».

Un label biosourcé pour favoriser les filières locales

Les matériaux et isolants biosourcés s’intègrent progressivement dans les projets de construction et rénovation.

Pour favoriser le recours aux éco-matériaux issus de la biomasse, l’état a lancé un Label Bâtiment Biosourcé. Il existe aujourd’hui trois niveaux de label en fonction du taux d’intégration de matériaux biosourcés dans la construction. Contrôlée par le Cerqual, l'organisme certificateur de l'association Qualitel pour les bâtiments collectifs, et le Cequami pour les maisons individuelles, cette certification vise à faciliter la pénétration des matériaux biosourcés, d'origine végétale ou animale, dans la construction, et stimuler ainsi les filières locales.

 

Pour aller plus loin : 

 

1 Le déphasage correspond au temps que va mettre la chaleur à passer de l’extérieur à l’intérieur de la maison, à travers l’isolation. Cette valeur est très intéressante en été, pour se protéger des surchauffes, sans avoir recours à la climatisation

2 L’hydrorégulation est la capacité du matériau à respirer et réguler naturellement le taux d’humidité.

 

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