Si l’accord de Kigali n’a pas bénéficié de la même couverture médiatique que celui de Paris, il n’est pas moins ambitieux. Adopté le 15 octobre 2016, ce dernier prévoit la fin progressive des gaz HFC, ou hydrofluorocarbures, après sept ans de négociations. Un accord historique selon la communauté internationale.

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Les gaz HFC : 14 000 fois plus puissants que le CO2
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C’est une avancée majeure dans la lutte contre le changement climatique. L’accord de Kigali, application concrète de l’accord de Paris, va permettre d’éviter l’émission de 73 milliards de tonnes d’équivalent CO2 d’ici à 2050. Si les discussions n’ont pas été aussi médiatisées que celles de l’accord de Paris, l’impact d’un tel engagement pourrait être aussi, voire plus, significatif pour le climat. En effet, les gaz HFC, utilisés notamment comme réfrigérants dans les climatiseurs et les réfrigérateurs, ont un effet de serre 14 000 fois plus puissant que le CO2.

Ce nouvel accord se greffe au protocole de Montréal, un traité environnemental adopté en 1987 par la communauté internationale qui avait permis de supprimer définitivement les chlorofluorocarbures (CFC), principaux responsables de la destruction de la couche d’ozone et puissants gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique.

Trouver de nouvelles alternatives

Le succès de l’accord de Kigali dépendra des actions menées par les États en vue de réduire progressivement l’utilisation des gaz HFC. Si de nombreuses alternatives existent déjà (hydrocarbures, eau, dioxyde de carbone, ammoniac), l’adoption de réfrigérants naturels a toutefois un coût important, notamment pour les régions les plus chaudes telles que l’Inde ou les pays du Golfe. Des aides financières de la part de seize pays et de plusieurs organismes, à hauteur de 80 millions de dollars, devraient toutefois être rapidement mises en place.

Les experts sont optimistes concernant la transition des gaz HFC vers des alternatives écologiques. Selon Didier Hauglustaine, directeur de recherche au CNRS : « les industriels ont montré qu’ils étaient capables de le faire pour les CFC. Il n’y a pas de raison pour que ce soit différent pour les HFC ». De plus, à la différence de l’accord de Paris, le protocole de Montréal engage les pays par des mesures obligatoires, soutenues par des sanctions.

Ce nouvel accord est ainsi une étape importante dans la mise en œuvre de l’accord de Paris, dont les négociations concernant son application débuteront lors de la COP 22 qui aura lieu à Marrakech (Maroc) du 7 au 18 novembre. En attendant, les résultats sont encourageants. La communauté internationale s’est en effet engagée à contenir la hausse des températures en deçà des 2° C. À l’heure actuelle, les engagements concrets des États mettent le climat sur la trajectoire d’un réchauffement d’environ 3 °C.

 

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