La crise du gaz en Ukraine a aussi des conséquences sur le marché énergétique international, depuis que la Russie a suspendu ses livraisons de gaz à K

iev.

Cela est inquiétant, puisqu’une partie des exportations de gaz naturel russe passe par l’Ukraine pour fournir les pays de l’Union Européenne. Kiev a néanmoins promis de tout faire pour assurer la continuité de ses fournitures à l’Europe.

 

Le gazier russe Gazprom, premier exportateur de gaz au monde, a prévenu l’UE de « possibles perturbations » sur le marché énergétique si l’Ukraine venait à prélever du gaz sur les quantités transportées sur son territoire, comme ce fut le cas pendant les précédents conflits, en 2006 et en 2009. De son côté, le groupe ukrainien Naftogaz a envoyé une délégation à Budapest pour demander à l’Europe de lui céder une partie du gaz russe importé. La réplique de Gazprom ne s’est pas faite attendre : le géant russe à condamné de telles ponctions, les qualifiant de livraisons illégales.

 

Pour resituer le contexte, la coupure de gaz en Ukraine fait suite à l’expiration de l’ultimatum de la Russie qui visait au remboursement de la dette ukrainienne d’un montant de 4,5 milliards d’euros. La Russie a ensuite instauré un système de prépaiement, afin que la société ukrainienne ne reçoive que le gaz qu’elle aura payé au préalable. L’Ukraine n’ayant effectué aucun paiement en juin, aucune livraison de gaz n’a été effectuée durant cette période, menant à une véritable crise du gaz en Ukraine.

 

Le marché énergétique risque de pâtir encore un moment de cette crise puisqu’à ce jour, l’Ukraine refuse toujours de rembourser ses dettes tant que la Russie n’aura pas baissé ses prix. Les deux pays n’ont pas trouvé de terrain d’entente après leurs discussions opérées au mois de juin ; l’Ukraine accuse en effet la Russie de se servir du gaz à des fins politiques, a refusé la « dernière offre » russe à 385$ au lieu de 485 et réclame un rabais plus important.

 

Naftogaz a répondu à la coupure de son homologue russe en lui intentant une action en justice et a saisi la chambre d’arbitrage de Stockholm pour contester les tarifs pratiqués. Le groupe ukrainien précise également qu’il souhaite obtenir un « prix juste » pour les futures livraisons de gaz russe, afin de mettre fin à la crise du gaz en Ukraine qui perturbe le marché énergétique de toute l’Europe. Gazprom a par la suite saisi la même chambre d’arbitrage pour demander le règlement de la dette de l’Ukraine.

 

Chaque année, l’Union européenne importe 133 milliards de mètres cubes de gaz russe ; la moitié transite par le gazoduc ukrainien. Pour pallier tout problème d’acheminement, les Européens peuvent emprunter d’autres routes d’approvisionnement avec la coopération de la Russie, puiser dans leurs stockages ou s’approvisionner en gaz naturel liquéfié, transportable par bateau.

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