En pleine COP 22 à Marrakech, l’élection du milliardaire Donald Trump à la présidence des États-Unis a fait l’effet d’un séisme. Ouvertement climatosceptique, Donald Trump inquiète. Son arrivée au pouvoir pourrait-elle remettre en cause les efforts de la communauté internationale pour encourager la transition énergétique ?

 

Une politique énergétique en faveur des énergies fossiles
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À contre-courant de la majorité des politiques énergétiques internationales privilégiant les énergies renouvelables, Donald Trump a affirmé la reprise de l’exploitation de charbon. Il promet ainsi l’indépendance énergétique des États-Unis et des créations d’emplois, en particulier en Pennsylvanie sinistrée suite à la fermeture de mines. En effet, Barack Obama a privilégié le gaz naturel, moins cher et moins polluant, ce qui a entraîné la baisse de la production de charbon. D’ailleurs, depuis 2015, le gaz naturel est devenu la première source d’énergie électrique devant le charbon. En plus du grand retour de cette ressource, Donald Trump souhaite augmenter la production de pétrole, présent dans le sous-sol américain, grâce à la facturation hydraulique, technique reconnue pour ses impacts négatifs sur l’environnement.

 

Remise en cause de l’accord de Paris sur le climat

Fermement opposé aux décisions prises pour contenir le réchauffement climatique en dessous des 2 °C d’ici 2010 lors de la COP 21 en décembre 2015, Donald Trump pourrait remettre en cause la ratification américaine opérée par Barack Obama. Sans pour autant désengager officiellement les États-Unis de ce traité, Donald Trump pourrait ne pas appliquer le contenu de cet accord, soutenu par le Congrès américain. D’autres pays pourraient-ils à leur tour ne pas appliquer l’accord de Paris ? La réponse est incertaine. Des pays comme la Chine ou l’Inde, représentant respectivement 20 % et 4 % des émissions des GES, ont fait le choix de la transition énergétique et participent à la course pour devenir le leader mondial des énergies propres. Mais un revirement de position de la part des États-Unis pourrait les faire renoncer à leur nouvelle politique énergétique, en partie car une telle transition en faveur des énergies vertes a un coût qu’ils ne sont pas encore prêts à engager…

Et si les États-Unis se retiraient de l’accord de Paris ?

Comme la plupart des accords internationaux, l’accord signé à Paris en décembre 2015 à l’issue de la COP 21 prévoit la possibilité de s’en retirer. Comme précisé dans l’article 28, un État peut se retirer 3 ans après la date d’entrée en vigueur de l’accord de Paris qui a eu lieu le 4 novembre 2016. Ainsi, Donald Trump ne pourra faire cette demande qu’en 2019. Cependant, il convient d’ajouter que ce retrait n’est effectif qu’un an après sa notification. Les États-Unis sortiraient donc de l’accord de Paris en novembre 2020, mois au cours duquel se déroulerait la nouvelle élection présidentielle américaine… Par ailleurs, si les 18 % d’émissions de GES des États-Unis étaient nécessaires pour l’entrée en vigueur de l’accord de Paris, ils ne sont pas indispensables pour son maintien. Finalement, le retrait américain pourrait avoir un impact moins important que prévu pour la mise en place de la nouvelle politique énergétique mondiale. Affaire à suivre.

 

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