La France, comme de nombreux pays à travers le monde, s’est engagée dans un processus de transition énergétique afin de faire face aux menaces écologiques croissantes. Définition, enjeux, financement, acteurs concernés, objectifs à moyen terme : les informations à retenir sur la transition énergétique. 

Qu'est-ce que la transition énergétique ?

La transition énergétique désigne l’évolution des habitudes de consommation énergétique mais aussi celle des méthodes de production d’énergie. Dans le contexte actuel, il s’agit de passer d’une consommation majoritairement basée sur l’exploitation des énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon…) à une consommation où les énergies renouvelables (solaire, éolien, etc.) occupent une place plus importante.

La raréfaction des ressources naturelles disponibles, l’impact des modes de consommation passés et actuels sur l’environnement (réchauffement climatique notamment), les prix des énergies en hausse, le nombre grandissant de ménages en situation de précarité énergétique sont autant de facteurs motivant la transition énergétique.

L’idée est, petit à petit, d’aboutir à une consommation d’énergie plus raisonnée et efficiente, mais aussi de gagner en indépendance.   

La transition énergétique doit in fine faire évoluer le mix énergétique des territoires concernés. 

Quels sont les enjeux de la transition énergétique ?

Les enjeux liés à la transition énergétique sont nombreux : 

  • La lutte contre le réchauffement climatique : ce dernier a en effet de lourdes conséquences sur le climat, la santé, l’alimentation mais aussi les écosystèmes. La réduction des gaz à effet de serre, ainsi que la recherche et le développement de solutions pour s’y adapter, constituent les principales voies explorées à l’échelle internationale et nationale.
  • La maîtrise de la demande énergétique, qui à l’heure actuelle n’est pas durable.

  • >La promotion de l’efficacité énergétique : les économies d’énergie s’avèrent primordiales dans le cadre de la transition énergétique dans la mesure où elles permettent de réduire la facture des ménages, entreprises et collectivités. Elle favorise dans une autre mesure la recherche de solutions innovantes.

  • Lutter contre la précarité énergétique : selon l’article 11 de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant sur l’engagement national pour l'environnement, la précarité énergétique désigne les personnes ayant des « difficultés particulières à disposer de la fourniture d'énergie nécessaire à la satisfaction de [leurs] besoins élémentaires en raison de l'inadaptation de [leurs] ressources ou de [leurs] conditions d'habitat. » L’objectif est d’aider les ménages concernés à faire diminuer leur facture énergétique en les aidant par exemple à opérer des travaux au sein de leur logement ou en leur proposant des tarifs sociaux.

  • Favoriser les innovations : la recherche et le développement sont des facteurs déterminants pour la réussite de la transition énergétique. Il est en effet urgent de trouver des solutions qui permettront de faire un meilleur usage des ressources disponibles.

Quels sont les objectifs énergétiques fixés par la France ?

Comme de nombreux pays à travers le monde, la France est engagée dans un processus de transition énergétique. Une volonté qui s’est matérialisée à travers la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Ce texte fixe les objectifs que la France doit atteindre à moyen terme sur le plan énergétique. Il prévoit ainsi : 

  • Une réduction de 50 % de la consommation énergétique d’ici 2050 par rapport à 2012 ;
  • La diminution de 30 % de la consommation primaire d’énergies fossiles d’ici 2030 par rapport à 2012 ;
  • De porter à 32 % la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie d’ici 2030 ;De porter à 40 % la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité d’ici 2030 ;
  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030 et par rapport à 1990 ;
  • De réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025 (contre 75 % en 2014) ;
  • De réduire de moitié les déchets mis en décharge à l’horizon 2025. 

À travers la loi de transition énergétique, la France entend parallèlement favoriser la création d’emplois dans les filières vertes. 

Qui sont les acteurs de la transition énergétique ?

La transition énergétique est l’affaire de tous. Elle concerne aussi bien les décideurs politiques, que les entreprises (fournisseurs d’énergie par exemple), citoyens, collectivités, associations ou encore les chercheurs et énergéticiens.

C’est la somme des actions de chacun qui, à terme, permettra de réussir la transition énergétique et d’obtenir un mix énergétique où les énergies renouvelables occuperont une place majoritaire. 

Quels sont les impacts concrets de la transition énergétique sur notre quotidien ?

La transition énergétique en France impacte déjà de manière concrète le quotidien des ménages, et cela sur plusieurs plans.

  • Le bâtiment

En 2012, la part du bâtiment dans la consommation énergétique était de 44 %. Le secteur était par ailleurs responsable de 123 millions de tonnes d’émissions de CO2 par an. Une nouvelle réglementation thermique, devant succéder à la RT 2012, est en cours de préparation et impactera notamment la construction de futurs logements individuels. Par ailleurs, de nombreuses aides financières destinées aux particuliers ont vu le jour au cours de ces dernières années. Elles sont destinées à financer une partie des travaux qui leur permettront d’améliorer la performance énergétique de leur logement et donc de réduire leur facture énergétique annuelle. Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) de 30 %, l’éco-prêt à taux zéro, les aides de l’Anah, les aides régionales, les primes énergie sont autant de dispositifs dont il est possible de bénéficier. 

  • Les transports

Avec 28 % des émissions de gaz à effet de serre en 2013, le secteur des transports est le premier émetteur du territoire. Pour ce qui est de la consommation, sa part s’élevait à 32,6 % en 2014. La mise en place d’un bonus pour les personnes achetant un véhicule électrique en remplacement d’une voiture au diesel est le principal dispositif mis en place pour le moment. 

  • La consommation énergétique au sein du logement 

Parmi les mesures phares, on peut citer le déploiement des compteurs électriques intelligents Linky au sein des logements. 

  • Le gaspillage

L’obsolescence programmée est à présent pénalisée et l’usage des sacs en plastique à usage unique est interdit depuis le 1er juillet 2016. On notera par ailleurs la proposition de mesures visant à éviter le gaspillage alimentaire dans la grande distribution. 

Quid du financement de la transition énergétique ?

Côté particuliers, la transition énergétique s’appuie sur les différentes aides financières déjà mentionnées plus haut, et tout particulièrement sur le CITE de 30 % et l’éco-prêt à taux zéro qui permet d’emprunter jusqu’à 30 000 euros sans intérêt.

Côté entreprises, si des initiatives sont souvent prévues au sein des grandes structures, il faut également savoir que BPI France octroie des prêts aux entreprises produisant des énergies renouvelables. 800 millions d’euros seront potentiellement mobilisés.

Pour ce qui est des collectivités, un fonds de 5 milliards d’euros est mis à disposition par la Caisse des dépôts. Rénovation énergétique, construction de bâtiments à énergie positive, développement des transports propres, initiatives mettant à l’honneur les énergies renouvelables : ce fonds vise à accompagner les collectivités dans leurs projets énergétiques.

Point sur les freins à la transition énergétique

La transition énergétique en France n’est pas sans devoir faire face à un certain nombre de freins, à commencer par le chantier du nucléaire. La difficulté à trancher sur cette problématique et le report de prise de décision compromet l’atteinte des objectifs fixés par la loi de transition. À l’heure actuelle, seule la fermeture du site de Fessenheim est prévue en 2018.

La création d’emplois liés à la croissance verte ne connaît pas non plus le développement escompté pour le moment.

À cela s’ajoute le nombre de rénovations énergétique de logements, qui est loin de l’objectif des 500 000 fixé pour 2017.

Il faut enfin évoquer la nécessiter d’informer et d’impliquer davantage tous les acteurs de la transition énergétique. 

La transition énergétique en France est bel et bien en marche. En témoigne la promulgation de la loi de transition énergétique pour la croissance verte en juillet 2015 mais aussi les nombreuses mesures mises en place. Toutefois, si la volonté est bien visible, on notera que les objectifs que s’est fixée la France s’avèrent à bien des égards très – trop ? – ambitieux et leur atteinte semble compromise pour certains. À titre d’exemple, la filière verte représentait 14,3 % dans la consommation totale d’énergie en France en 2014. Une moyenne qui apparaît bien faible par rapport aux 32 % visés d’ici 2030, mais aussi par rapport à d’autres pays comme la Suède où la part s’élevait à 52,6 %.

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