En France, une réglementation thermique est un dispositif permettant d’encadrer la thermique des bâtiments neufs et d’indiquer leur consommation énergétique maximale. Chauffage, éclairage, production d’eau chaude sanitaire, ventilation et climatisation : à quels domaines s’applique la réglementation thermique (RT), dans quelles constructions, et selon quelles exigences ?

À quoi sert la réglementation thermique ?

La réglementation thermique, souvent abrégée « RT », est un dispositif qui encadre les caractéristiques thermiques des bâtiments neufs. Elle fixe la quantité maximale d’énergie que peut consommer un bâtiment pour être chauffé, éclairé, produire de l’eau chaude sanitaire, être climatisé et ventilé. 5 RT se sont déjà succédé : la RT 1974, la RT 1988, la RT 2000, la RT 2005 et la RT 2012, actuellement en vigueur. Chacune de ces réglementations thermiques apporte des exigences croissantes en matière d’économie d’énergie, d’isolation du bâti et d’écologie, avec l’utilisation de matériaux et d’énergies renouvelables. À la fin des travaux, une attestation d’application est effectuée par un contrôleur technique, un diagnostiqueur, un architecte ou un organisme certificateur.

Quels sont les objectifs de la RT 2012, actuellement en vigueur ?

Comme les versions antérieures, la réglementation thermique 2012 vise à réduire les dépenses énergétiques des bâtiments.

Défini par le Grenelle de l’environnement, ce programme a pour but de faire des économies sur sa facture énergétique et des économies de ressources (électricité, gaz, fioul...). Un objectif ambitieux qui passe par trois exigences impératives :

  • L’efficacité énergétique minimale du bâti (BBio max) : le coefficient du besoin bioclimatique (BBio) correspond aux besoins énergétiques du foyer pour se chauffer, climatiser les lieux et s’éclairer. Le coefficient BBio est optimal lorsque les efforts d’énergie sont conjugués à une isolation efficace du bâti ;
  • L’exigence de consommation maximale (Cepmax) : elle stipule que la quantité d’énergie consommée pour se chauffer, climatiser, s’éclairer, produire de l’eau chaude, alimenter des pompes ou des ventilateurs ne peut pas dépasser 50 kWh/m2/an ;
  • Le respect du confort d’été et de la température intérieure conventionnelle : elle permet d’assurer un confort optimal en été et d’éviter l’utilisation d’un climatiseur, en établissant une température idéale grâce à l’isolation notamment.

À quoi correspond le bilan thermique d’un bâtiment ?

Le bilan thermique est une étape incontournable avant d’effectuer la rénovation énergétique d’un bâtiment, dans le respect de la réglementation thermique 2012. Ce bilan permet de connaître les faiblesses de son logement, sur le plan de l’isolation, des déperditions d’énergie et de la consommation du foyer. Le but à terme est de choisir les appareils et les matériaux les plus adaptés pour que les travaux de rénovation soient le plus efficaces possible. Ce bilan passe notamment en revue le système de chauffage et de production d’eau chaude sanitaire, les vitrages, les sols, les parois et la toiture du bâtiment, le système de ventilation, l’orientation géographique du logement (pour connaître son taux d’ensoleillement), les matériaux utilisés lors de la construction...        

Après ce bilan, le professionnel ayant mené l’étude remet au propriétaire un rapport détaillé précisant toutes ses préconisations afin de faire baisser la consommation d’énergie du logement.

Comment mettre son logement aux normes de la RT 2012 ?

La finalité de la réglementation thermique 2012 est un bâtiment plus performant sur le plan de la consommation d’énergie, et plus économique à la fois financièrement et énergétiquement.

Pour y parvenir, plusieurs travaux de rénovation énergétique peuvent être réalisés :

  • les travaux d’isolation des combles, des murs (par l’intérieur ou par l’extérieur), des parois vitrées, de la toiture, des sols et des plafonds, pour éviter les déperditions d’énergie ;
  • l’installation d’un système de chauffage performant : la chaudière gaz à condensation est actuellement la meilleure solution sur le marché. Les pompes à chaleur (air-air, air-eau, géothermie) offrent également des alternatives intéressantes ;
  • l’installation d’un système de ventilation plus performant : VMC (ventilation mécanique contrôlée) simple ou double flux, VMR (ventilation mécanique répartie), VMP (ventilation mécanique ponctuelle), etc.

Ces travaux, rentables rapidement, représentent toutefois un coût considérable lors de leur réalisation. De nombreuses aides sont disponibles pour contribuer à financer ces initiatives, comme l’éco-prêt à taux zéro, la prime énergie, le crédit d’impôt pour la transition énergétique, les aides locales et régionales...

Que prévoit la prochaine réglementation thermique, la RT 2020 ? 

En toute logique, la réglementation thermique 2020 est le dispositif qui remplacera la RT 2012, dès le 1er janvier 2020. Son objectif phare est de faire en sorte que les bâtiments construits ou rénovés après cette date présentent un bilan énergétique passif, c’est-à-dire qu’ils devront produire autant d’énergie qu’ils en consomment.

Tandis que la RT 2012 se concentrait sur l’isolation et les aspects thermiques du bâtiment, la RT 2020 franchit un cap en ajoutant la production d’énergie renouvelable à ses exigences. De nouvelles règles qui devraient inciter les constructeurs et les artisans à se tourner vers des matériaux renouvelables et plus écologiques.

Qu’est-ce qu’un bâtiment à énergie positive ?

Un bâtiment à énergie positive ou BEPOS désigne un bâtiment respectant la réglementation thermique 2020. Concrètement, ces constructions devront permettre de faire baisser les besoins énergétiques réglementaires du bâti inférieur de 20 % par rapport aux exigences de la RT 2012. Ainsi, la consommation de chauffage ne pourra pas excéder 12 kWhep/m2/an et la consommation totale d’énergie primaire devra passer sous le seuil des 100 kWh par m2 et par an. Le logement devra également assurer sa production d’énergie renouvelable pour couvrir ses besoins.

Globalement, les bâtiments à énergie positive doivent optimiser au maximum les ressources énergétiques gratuites (vent, soleil, géothermie...) pour fonctionner. Cette exigence implique que l’enveloppe du bâti soit parfaitement isolée et offre une performance thermique élevée, pour éviter toute déperdition de chaleur en hiver et de froid en été. Les BEPOS s’appuient aussi sur le comportement de leurs habitants, afin d’impulser de nouvelles habitudes de vie, plus éco-responsables.

Les réglementations thermiques successives ont pour objectif de transformer les bâtiments d’habitations et du tertiaire, afin d’optimiser leur consommation d’énergie sans diminuer le confort de ses occupants. Grâce à une meilleure isolation, à des équipements plus performants et plus économiques, les bâtiments réduisent leur impact sur l’environnement. La prochaine réglementation thermique, appliquée dès 2020, prévoit d’ailleurs que le bâtiment, en plus de réduire son empreinte écologique, génère lui-même l’énergie nécessaire à son fonctionnement à partir de ressources renouvelables. Un tournant majeur qui annonce une consommation plus propre, mais aussi plus responsable et plus durable.

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