Presque un an s’est écoulé depuis l’organisation de la COP21 en France. L’accord de Paris sur le réchauffement climatique, entré en vigueur vendredi 4 novembre 2016, concrétise les promesses faites par les pays participants en faveur de la transition énergétique.

Comment s’organise l’après-COP21 ? Quelles sont les conséquences de ce sommet du climat, à court, moyen et long terme ?

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La transition énergétique en marche grâce à l’accord de Paris

Quasiment un an après la COP21, l’accord de Paris entrait enfin en vigueur, vendredi 4 novembre 2016. Le texte a récolté les signatures de 97 pays représentant ensemble plus de 67,5 % des émissions de gaz à effet de serre générées dans le monde.

En pratique, les engagements pris par les États sont peu contraignants, puisque leur application dépend des législations en vigueur dans chaque pays. Si certains États comme la France ont devancé l’application de l’accord pour adopter des lois en faveur de la transition énergétique, rien n’oblige les pays signataires à mettre en œuvre les politiques prescrites par l’accord.

Pour assurer l’après-COP21, un suivi est néanmoins prévu entre les pays afin de réévaluer, tous les 5 ans, les engagements de chaque nation et d’émettre un bilan des actions appliquées.

Autre conséquence de la COP21 : les États doivent désormais rendre des comptes à leurs citoyens et aux ONG. Les signataires de l’accord de Paris qui prendraient une décision contraire aux engagements de la COP21, comme l’ouverture d’une centrale à charbon par exemple, iraient à l’encontre de leur constitution et s’exposeraient à des poursuites.

L’après-COP21 : un engouement inégal dans le monde

L’après-COP21 n’a pas suscité le même enthousiasme dans tous les pays du monde. En effet, plus un pays est dépendant des énergies fossiles, aussi bien dans sa consommation que dans sa production, plus sa transition énergétique s’annonce longue.

Les pays exportateurs d’hydrocarbures étaient logiquement peu pressés de ratifier le traité de Paris. Les exportateurs de gaz sont plus sereins puisque ce combustible, émettant bien moins de CO2 que le charbon, pourrait bénéficier d’un âge d’or et être utilisé comme solution de substitution. On peut donc imaginer que les pays exportateurs de pétrole ou de gaz comme la Russie, les membres de l’OPEP, l’Azerbaïdjan, la Colombie, le Kazakhstan, le Mexique ou le Canada engageront des efforts limités pour développer les énergies renouvelables.

D’autres pays comme l’Afrique du Sud, l’Inde, l’Indonésie, la Pologne et le Vietnam ont une croissance économique reposant sur la combustion du charbon. Pour ces États, qui n’ont pas d’autres choix en raison de leurs déficits extérieurs structurels, la communauté internationale mettra en place un traitement adapté afin qu’ils abandonnent l’exploitation du charbon. Ainsi, une aide devrait être débloquée pour aider la Pologne à se doter d’un parc électronucléaire, et les relations devront être pacifiées entre l’Inde et l’Iran pour permettre à New Delhi d’importer du gaz depuis Islamabad.

La plupart des freins à la transition énergétique sont avant tout politiques et économiques, et non technologiques. Les pays doivent ainsi accepter d’être dépendants concernant leur importation de matières premières énergétiques ; c’est le cas de la Chine qui a équilibré ses échanges avec la Russie en devenant importatrice de gaz. L’Inde et l’Allemagne pourraient lui emboîter le pas.

Globalement, les défis de l’après-COP21 reposent sur la capacité des pays à abandonner le charbon, puis le pétrole, avec les problématiques politiques et économiques (notamment en termes d’emplois) que cela implique. Dans les années à venir, les principaux exportateurs et consommateurs d’énergies fossiles devront donc assurer la transition vers un modèle plus pérenne et moins polluant, afin de remplir les conditions du traité de Paris.

 

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