Dans un contexte de transition écologique et solidaire, l’idée de contraindre les propriétaires à investir dans la rénovation des bâtiments séduit. Dans cette perspective, les moyens publics mobilisés devraient être renforcés. Par ailleurs, il est aussi essentiel de s’assurer de la qualité des réalisations.

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Les aides à la rénovation énergétique pourraient être renforcées si le gouvernement va dans le sens des recommandations formulées par la Convention citoyenne pour le climat.

La rénovation énergétique est en effet un enjeu clé dans la lutte contre le dérèglement climatique ainsi qu’un levier important de transition écologique et solidaire. L’amélioration de la performance énergétique des habitations permet à la fois de réduire la facture énergétique des ménages, en limitant de cette manière la précarité énergétique, et de diminuer les émissions de CO2. D’autre part, l’investissement dans la rénovation est vecteur de création d’emplois locaux.

Rendre la rénovation énergétique obligatoire

Parmi les propositions qu’elle a formulées, la Convention citoyenne pour le climat souhaite notamment rendre obligatoire la rénovation énergétique globale des bâtiments d’ici à 2040 et celle des « passoires thermiques » dès 2030.

Pour réaliser ce vaste chantier, les systèmes d’aide à la rénovation énergétique devraient être renforcés, notamment pour soutenir les ménages les plus modestes dans ce vaste chantier. 700.000 passoires thermiques (des logements dont la classe énergétique est située entre F à G) devraient alors être rénovées chaque année d’ici 2030. Si l’on considère les bâtiments énergivores (classés D et E), ce sont 570.000 rénovations qui doivent être réalisées chaque année d’ici 2040.

Prendre en considération la qualité

La quantité de chantiers est conséquente. Cependant, l’enjeu ne se situe pas uniquement au niveau du volume. Car, si ces chantiers sont menés sans considération pour la qualité des installations, les dépenses associées pourraient bien mener à des résultats décevants.

La Convention citoyenne pour le climat semble aussi en avoir pris conscience. C’est pourquoi, au cœur de ses propositions, elle souhaite aussi « former les professionnels du bâtiment pour répondre à la demande de rénovation globale et assurer une transition de tous les corps de métier du BTP vers des pratiques écoresponsables ».

Il est en effet important de rassurer les ménages sur la pertinence de ces investissements. En effet, les aides à la rénovation énergétique sont déjà nombreuses : primes énergie, Ma PrimRénov’, TVA réduite sur les travaux, prêts à taux zéro… Mais il semble toujours difficile de convaincre les ménages d’investir dans l’isolation des planchers, des combles ou dans le remplacement de leur installation de chauffage par un système plus économe en énergie.

Former en continu et contrôler la qualité

Pour convaincre les propriétaires de réaliser de tels travaux, au-delà des moyens financiers mobilisés par l’État, il faut pouvoir offrir des garanties quant au retour sur investissement. La question de la qualité des réalisations est donc essentielle. Pour cela, il serait bienvenu de renforcer les exigences nécessaires à l’obtention de labels, effectuer des contrôles qualité après travaux, réaliser des diagnostics indépendants et, comme le souligne la Convention, former en continu les installateurs.

Garantir la qualité, en outre, permettra de limiter les tentatives d’arnaque à la rénovation énergétique et les malfaçons qui ont pu proliférer ces derniers temps.