« Je ne veux plus me mentir ». C’est par cette sortie, aussi soudaine qu’inattendue au micro de France Inter, que Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, annonçait son départ du gouvernement, le 28 août dernier. L’ancien journaliste quitte donc ces fonctions un peu plus d’un an après son arrivée, suite à l’élection du président Emmanuel Macron. Une période suffisante pour avoir été présent sur plusieurs fronts et pour avoir connu succès et échecs. Le point sur le bilan de Nicolas Hulot en tant que ministre.

 

Les victoires de Nicolas Hulot

Le bilan de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire comporte des réussites, et ce dès son arrivée au gouvernement en 2017.

L’interdiction de l’exploration d’hydrocarbures

Le début du quinquennat est marqué par l’annonce de l’interdiction de l’exploration d’hydrocarbures. À l’horizon 2040, la France ambitionne de stopper la production de ces sources d’énergie non-conventionnelle que sont le gaz et le pétrole (de schiste compris) ou encore le charbon. Les permis d’exploitation ne seront plus délivrés, mais il faut toutefois s’attendre à un arrêt très progressif : les 62 concessions actuelles pourront éventuellement être renouvelées avant 2040 si leurs détenteurs parviennent à démontrer que leur concession n’est pas encore rentabilisée.

Notre-Dame-des-Landes

Ce sont cinquante ans de bras de fer qui ont pris fin avec l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Il s’agissait là de la plus ancienne « bataille » écologique du pays, symbolisée ces dernières années par la présence de la Zone à défendre (ZAD). Un succès et une satisfaction non feinte pour Nicolas Hulot. Seul bémol, les échecs de tentatives de médiation entre le gouvernement et les Zadistes.

L’arrêt de la vente des véhicules essence et diesel

Également à mettre à l’actif de Nicolas Hulot durant son passage au ministère de la transition écologique et solidaire : l’arrêt des ventes des véhicules essence et diesel d’ici l’année 2040. Une annonce faite en 2017 lors de la présentation de son « Plan climat ». De même, l’ancien ministre avisait les Français de la mise en place d’une aide financière pour les foyers modestes afin qu’ils puissent acheter des véhicules « propres ».

 

Les défaites de Nicolas Hulot

Le bilan de Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique et solidaire reste toutefois mitigé, marqué par des échecs – ou des concessions – sur des sujets majeurs.

Les perturbateurs endocriniens

En juillet 2017, la Commission européenne adopte un texte listant les critères de définition des perturbateurs endocriniens (PE). Ces derniers, des substances chimiques, sont présents dans de nombreux objets et produits du quotidien et sont néfastes pour le système hormonal. Ils sont la cause, par exemple, d’obésité, de stérilité ou encore de malformations congénitales. Longtemps opposée à ce texte, la France vote finalement en sa faveur. Les associations montent au créneau. Nicolas Hulot est pointé du doigt et accusé d’avoir cédé sur cet important dossier.

Le report de la diminution du nucléaire

La loi de transition énergétique pour la croissance verte (2015) fixe à 50 % la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025. Dès novembre 2017, le ministre Nicolas Hulot fait machine arrière et affirme que cet objectif et ce calendrier seraient « difficiles » à tenir. Finalement, la date d’une baisse de 50 % d’ici 2030 ou 2035 est finalement annoncée.

 

La chasse

Ce n’est pas la défaite la plus importante du ministre Hulot, mais c’était celle de trop. Le 27 août dernier, Emmanuel Macron donnait son accord pour diviser par deux le prix du permis national de chasse, passant de 400 à 200 euros. Une mesure qui en appelle d’autres, beaucoup plus préoccupantes pour les associations de défense de l’environnement, à commencer par la nouvelle gestion des espèces chassables. Un dossier sur lequel Nicolas Hulot semble avoir été mis de côté, puisque géré par son secrétaire d’État, Sébastien Lecornu. L’ancien ministre confiera à France Inter, lors de l’annonce de son départ, être également agacé par « la présence des lobbies dans les cercles de pouvoir ».

 

 

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