Selon un rapport parlementaire portant sur « la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base » publié le 1er février 2017, le coût du démantèlement des centrales nucléaires tout comme la complexité du projet auraient été mal évalués par EDF. Point sur la situation.

centrale nucleaire

Des provisions insuffisantes pour le démantèlement des centrales nucléaires

Le rapport parlementaire pointe l’insuffisance des provisions, qui seraient les plus basses présentées au sein de l’OCDE. Ces dernières, qui s’élèveraient à 350 millions d’euros par tranche, ne seraient pas assez importantes pour mener à bien le projet de démantèlement du parc nucléaire. Les exploitants européens affichent en effet des moyennes plus élevées, de l’ordre de 900 millions à 1,3 milliard par réacteur à démanteler.

 

 

Également pointé du doigt, le montant global des charges brutes du projet. En fin d’année 2015, elles étaient évaluées à 75 milliards d’euros pour l’ensemble du parc constitué de 58 réacteurs à eau pressurisés et 9 installations dont le démantèlement est en cours. Seuls 36 milliards auraient été provisionnés à l’heure actuelle.

De nombreux éléments entraînant des dépenses lourdes n’auraient pas ou peu été pris en compte lors du calcul. Il s’agit notamment de la remise en état des sols contaminés, des taxes, des assurances, du retraitement du combustible, de l’évacuation des combustibles, du coût social. Les spécificités de chaque site concerné et les problèmes ayant été rencontrés durant leur exploitation sont aussi des facteurs pouvant influer sur le coût final.

Le démantèlement des centrales repoussé

Le projet d’EDF pose également problème en matière de délais. Alors que la loi de transition énergétique prône le démantèlement rapide des réacteurs n’étant plus exploités, EDF compte repousser à 2100 le démantèlement de six installations graphite-gaz anciennes.

Un report de délai difficilement acceptable dans un contexte de transition énergétique.

 

Des freins techniques

Le rapport parlementaire met en avant, outre les problématiques de coût, les défis techniques liés au démantèlement des centrales nucléaires qui eux aussi ont été sous-estimés. Ce projet nécessite en effet un important travail et notamment l’extraction du combustible, le découpage des circuits, le découpage de la cuve ou encore la déconstruction des bâtiments, etc.

Au vu des problématiques soulevées, EDF va probablement devoir réviser sa stratégie de démantèlement.

 

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