Cadarache (Bouches-du-Rhône) va devenir le théâtre, dans les prochaines décennies, du projet ITER : un immense réacteur en construction, où 35 pays vont mener des expériences sur la fusion nucléaire avec l’objectif de prouver qu’elle peut être utilisée comme source d’énergie dans le futur. Focus sur l’ambitieux projet énergétique ITER, avec L’énergie tout compris.

Le projet ITER : un projet énergétique ambitieux

Le projet ITER, qu’est-ce que c’est ?

En latin, ITER signifie « chemin ». Un chemin démarré en 1985 et loin d’être terminé. Il y a plus de 30 ans, l’idée d’une collaboration internationale autour de l’énergie de fusion a été lancée. Des réflexions qui ont abouti à l’ambitieux projet énergétique ITER (Réacteur thermonucléaire expérimental international) : 35 pays – l’Union européenne, les États-Unis, la Russie, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde – s’associent pour construire le plus grand tomawak du monde.

Cette machine expérimentale permettra de réaliser des recherches sur la fusion nucléaire. Un procédé et des expériences qui, à long terme, devraient aboutir sur la production et l’industrialisation d’énergie.

Comment marche le projet ITER ?

Le projet ITER devra démontrer que la fusion, ce qui se produit au cœur du Soleil et des étoiles, peut servir de nouvelle source d’énergie et produire de l’électricité à grande échelle, sans émission de dioxyde de carbone.

ITER produira 500 Mégawatts (MW) de chaleur pendant six minutes afin de reproduire, à plus petite échelle, des conditions de fusion comme au cœur du Soleil. L’expérience produira des décharges de plasma, le quatrième état de la matière. Pour vulgariser, une sorte de « soupe » d’une température immensément élevée, au sein de laquelle les noyaux d’hydrogène, séparés des électrons, parviennent à fusionner pour créer des atomes d’hélium, en libérant une quantité phénoménale d’énergie.

 

Le projet ITER pourra-t-il produire de l’électricité ?

Les précédentes recherches ont permis de cibler les réactions entre deux isotopes d’hydrogène, le deutérium et le tritium, comme étant les plus praticables compte tenu des technologies actuelles. L’ambitieux projet énergétique ITER aura pour but d’examiner toutes les possibilités liées à ces réactions. Mais il ne pourra pas produire d’électricité.

ITER ne sera qu’une étape (de taille) pour tester les technologies nécessaires au développement d’un futur réacteur nucléaire à fusion, DEMO, qui pourra, lui, logiquement produire de l’électricité à l’horizon 2040.

Combien coûte le projet ITER et quand sera-t-il opérationnel ?

Un projet énergétique aussi ambitieux a forcément un coût élevé. Il y a une dizaine d’années, le budget du projet ITER avait été évalué à 5 milliards d’euros, avant d’atteindre les 15 milliards au fil des ans. Les dernières estimations font état d’un nouveau surcoût de 4 milliards portant le total à près de 19 milliards d’euros.

Le calendrier a, lui, pris du retard. Le premier plasma était attendu pour 2020 et les expériences de fusion à pleine puissance, pour 2023. Il faudra finalement attendre respectivement 2025 et 2035 pour ces deux étapes. Et encore… Même en interne, ce nouveau calendrier est considéré comme ambitieux. Des retards prévisibles compte tenu de l’ampleur et l’importance du projet ITER.

 

 

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