Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, l’a annoncé le vendredi 31 août dernier : l’heure d’hiver pourrait être amenée à disparaître très prochainement. Ce changement d’horaire, instauré par la France en 1976, avait principalement pour but de réaliser des économies d’énergie en gagnant une heure de soleil supplémentaire en été. Aujourd’hui, qu’en est-il de ces économies ? Et quel impact aurait la fin du changement d’heure ? Le point avec l’Énergie tout compris.

Changement d’heure : quelles économies d’énergie ?

Vers la fin du changement d’heure ?

La fin du changement d’heure deux fois par an et l’adoption définitive de l’heure d’été : c’est la proposition faite par la Commission européenne, à travers son président Jean-Claude Juncker. Une consultation sur Internet a été réalisée cet été. Et 4,6 millions d’Internautes européens ont donné leur avis sur le sujet. Le résultat est sans appel : plus de 8 personnes sur 10 (84 %, précisément) se sont exprimées en faveur de l’arrêt du changement entre heure d’hiver et heure d’été. Et c’est donc cette dernière qui devrait être choisie comme créneau fixe. La décision définitive reviendra, très prochainement, au Parlement européen et aux vingt-huit membres de l’Union européenne.

Le passage à l’heure d’été a été instauré en France en 1976, sous la présidence de Valéry Giscard-d’Estaing. À l’époque, l’objectif principal était la réalisation d’économie d’énergie (voir ci-dessous) à la suite du choc pétrolier de 1973. L’ensemble des pays de l’UE ont, eux aussi, adopté cette mesure à la fin des années 1980. Enfin, les dates des changements d’heure ont été uniformisées entre les États à partir de 1998, afin de simplifier les échanges et les transports transfrontaliers.

 

Heure d’été : quelles économies d’énergie ?

La fin du changement d’heure et l’instauration de l’heure d’été comme horaire unique pourraient être actées rapidement, dès 2020 ou 2021. Ainsi, le 21 décembre, date du solstice d’hiver, le soleil se coucherait à 18h au lieu de 17h à l’heure d’hiver classique. En revanche, le matin, il ne ferait jour qu’à 9h45, au lieu de 8h45 habituellement.

Mais quel impact sur les économies d’énergie entraînerait la fin du changement d’heure ? Selon un calcul de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), en 2016, en France, l’heure d’hiver permet d’économiser 351 gigawatt-heure (GWh) sur la période. Cela équivaut environ à la consommation annuelle d’une ville comme Chambéry ou Saint-Malo. En 2009, toujours selon l’Ademe, l’économie atteignait 440 GWh, soit environ un an d’éclairage pour 800 000 foyers français.

Si le changement d’heure avait un réel impact lors des décennies précédentes, il représente aujourd’hui moins de 1% de la consommation électrique du pays. Un impact moindre, notamment lié aux différentes politiques en matière d’économie d’énergie, aussi bien en matière d’éclairage basse consommation que d’isolation thermique des bâtiments modernes. Finalement, il est plus probable que la fin du changement d’heure impacte davantage nos modes de vie que les économies d’énergie à proprement parlé. Même s’il n’y a pas de petites économies.

 

 

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