Le gouvernement a rendu public la feuille de route de la transition énergétique, vendredi 28 octobre 2016. Ce décret sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit concrétiser les efforts à effectuer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et augmenter la part d’énergies renouvelables exploitées. Retour sur ces mesures.

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Feuille de route de la transition énergétique : des objectifs concrets
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La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), aussi appelée feuille de route de la transition énergétique, était attendue fin 2015, avant d’être repoussée début juillet 2016. C’est finalement le 28 octobre que le décret a pu être publié au Journal officiel, avec dix mois de retard.

Ce document formule par écrit les objectifs de la France en matière d’énergies, entre 2016 et 2023. On y trouve notamment :

  • la diminution de 40 % des gaz à effet de serre à l’horizon 2030 par rapport aux chiffres de 1990 ;
  • une baisse de 30 % la part du nucléaire en 2030 ;
  • 32 % d’énergies renouvelables utilisées dans le mix énergétique français en 2030 ;
  • une réduction de la part du nucléaire à 50 % dans le bouquet électrique en 2025.

Les énergies renouvelables favorisées 

Pour réussir sa transition énergétique, la France table sur les énergies renouvelables, avec une capacité installée qui devrait augmenter de 70 % par rapport à 2014. Éolien onshore et offshore, hydroélectricité, photovoltaïque, géothermie, valorisation des déchets... Au total, la feuille de route de la transition énergétique avance le chiffre de 71 à 78 Gigawatts installés en 2023. La production d’électricité renouvelable pourrait ainsi atteindre 150 à 167 TWh par an, toujours en 2023.

La production de chaleur renouvelable devrait également augmenter de 50 % grâce au déploiement des chaufferies biomasse, aux pompes à chaleur et à la méthanisation. Objectif en 2023 : une production de 19 Mtep (mégatonnes équivalent pétrole).

Le nucléaire, stop ou encore ?

Le gouvernement est resté relativement flou concernant l’avenir du nucléaire. La feuille de route mentionne le plafonnement de la capacité nucléaire à 63,2 GW d’ici 2025 et la réduction de 50 % dans le mix énergétique.

Toutefois, pour l’instant, seule la fermeture de deux réacteurs de la centrale de Fessenheim est validée ; rien ne précise combien de réacteurs seront désactivés par la suite.

Selon Anne Bringault, coordinatrice sur la transition énergétique pour le CLER et le réseau action climat, ce refus du gouvernement de traiter rapidement le problème du parc nucléaire vieillissant pourrait nuire au développement des énergies renouvelables. Les dizaines de milliers d’emplois qui devaient être créés grâce à la transition énergétique, comme évoqué lors de la COP 21, sont également mis en péril.

Les décisions concernant la fermeture ou la pérennisation du parc nucléaire seront prises en fonction des résultats concernant la production d’énergies renouvelables. Concrètement, aucune résolution ne sera prise avant la mise en œuvre de la 2nde partie du PPE, soit 2019.

 

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