Découlant d’un engagement de François Hollande en faveur de la transition énergétique et écologique, de nouvelles mesures sont proposées pour développer une offre industrielle "made in France", capable d’assurer la rénovation thermique de 500 000 logements par an à l’horizon 2017.

Le 7 février dernier, les deux co-pilotes du plan de  rénovation énergétique des bâtiments, Jacques Pestre (Directeur Général du groupe POINT.P) et Marcel Torrents (Président du Directoire de Delta Dore),  ont présenté au Ministère de l’Economie, devant de nombreux industriels, les premières pistes de leur rapport.

Six recommandations pour une « Nouvelle France Industrielle »

 

L’idée principale qu’ils évoquent est de  « prendre le temps de s’appuyer sur ce qui existe déjà » plutôt que de réinventer. Utiliser et simplifier les dispositifs existants pour démultiplier les opérations de rénovation énergétique. Voici les six propositions avancées :

-       « Je rénove – j’éco-rénove »

Ils souhaitent passer de la première idée « j’éco-rénove, j’économise » à celle de « je rénove, j’éco-rénove ». En d’autres termes, il faut parvenir à ajouter à chaque rénovation engagée un  élément énergétique et ne surtout plus dissocier la rénovation énergétique des autres types de rénovations. Pour l’accompagner, une TVA bonifiée unique pour tous les travaux de rénovation énergétique pourrait être envisagée.

-       RGE : « la  colonne vertébrale de la rénovation »

La mention Reconnu Garant de l’Environnement devrait être au cœur de la relance de la rénovation. Les co-pilotes du plan proposent de l’améliorer en créant un logo unique RGE ou encore d’élargir le périmètre de certification vers le secteur « négoce-associé », après avoir proposé celui des « études » et « industriels » en novembre 2013.

-       Simplicité et lisibilité des aides aux ménages

A terme, les auteurs proposent de progressivement imaginer « une grille de bouquets de  travaux harmonisée, élargie et bonifiée en performance dès 2015 ». Ils envisagent également une remise à plats des financements existant avec des fonds publics exclusivement destinés à la précarité énergétique et le reste assurés par les établissements bancaires traditionnels via des prêts immobiliers.

-       Ambition 2050 (diviser par 2 la consommation d’énergie) – DPE +

D’ici 2050, tous les bâtiments devront atteindre la classe A ou B du Diagnostic de Performance Energétique (DPE). Pour y parvenir, les auteurs du rapport suggèrent :

  • Obligation de réaliser certains travaux  (toitures, façades) dans la loi de transition énergétique 2015
  • Evolution du diagnostic de performance vers un DPE+ qui serait exprimé en €/m2. Le faire progresser qualitativement pour qu’il devienne un outil d’aide à la prise de décision de travaux
  • Introduction d’un passeport du bâtiment, une sorte de carnet d’entretien qui intégrerait toutes les caractéristiques du bâtiment

-       Rénovation 3.0

Evoluer vers la rénovation 3.0 (convergence du monde de l’énergie et du numérique) et développer l’éco-système industriel nécessaire au développement d’outils innovants tels que scan 3D portatif, outils numériques telle que la maquette…

-       Cluster ou pôle de compétitivité d’industriels

La création d’un cercle des industriels et négoce qui prendrait le contrôle de la filière de la rénovation énergétique. Il coordonnerait les métiers du bâtiment, développerait des plates-formes en région, proposerait des campagnes de communication propres… 

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