Le diagnostic immobilier, secteur en perpétuel mouvement, devrait connaître plusieurs améliorations dans les deux prochaines années. Voici les principaux changements les plus plausibles à l'horizon 2016-2017.

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Un marché attendu en hausse

Après une baisse surprise de son chiffre d'affaires en 2012, en raison notamment de la réforme du DPE, du renforcement des règles de certification, et de la chute des transactions immobilières, le marché du diagnostic immobilier a renoué avec la croissance en 2013 et en 2014. Ce rythme se poursuivra selon toute vraisemblance dans les deux prochaines années, comme le souligne viadiagnostic dans son article sur les perspectives du diagnostic immobilier en 2016. La baisse continue des taux du crédit immobilier, l'augmentation des ventes dans l'ancien, et l'amélioration relative du pouvoir d'achat des ménages français – facteurs tous favorables à une redynamisation des ventes – sont autant de paramètres à l'origine de cette hausse en cours, selon l'auteur de l'étude.

Une telle perspective ne pourra pas être réalisée, selon lui, si le diagnostic immobilier reste trop dépendant d'un marché limité et captif. Pour sa propre croissance, le secteur devra s'ouvrir à de nouvelles formules et services à proposer aux propriétaires. Vincent Desruelles, à l’origine de cette étude, anticipe ainsi une diversification des services des diagnostiqueurs immobiliers dans les mois à venir. Ceci passe notamment par le développement de nouvelles perspectives liées aux diagnostics de copropriété, par la spécialisation des diagnostiqueurs dans les attestations de travaux, et par l'exploitation de la filière rénovation énergétique et écologique, en pleine croissance. Cette dernière offre notamment aux diagnostiqueurs la possibilité d'enrichir leur gamme par des services de conseils et d'accompagnement, pour permettre aux propriétaires de réduire leurs dépenses de chauffage, et même d'eau. Ces nouvelles activités engendreront une nette amélioration des revenus des diagnostiqueurs, et une solide augmentation de leurs compétences, compétences qui seront de plus en plus recherchées suite au Grenelle de l'Environnement.

Un diagnostic technique global en vue

Avec la hausse prévue du marché du diagnostic, et la montée en puissance des réseaux de franchise, une autre nouveauté changera en profondeur le visage de ce secteur d'ici quelques années. La loi Alur prévoit en effet la création d'un diagnostic technique global s'appliquant uniquement aux copropriétés, mais dont les propriétaires individuels pourront bénéficier s'ils le souhaitent. Attendu en 2017, ce diagnostic se base sur quatre éléments essentiels :

  • l'évaluation de l'état apparent des parties communes ainsi que de leurs spécificités (jet d'eau, garages, jardin, droit de passage ou corvées, plantations, caves...) ;
  • l'étude de la situation du syndicat des copropriétaires, notamment celle du syndic par rapport aux obligations réglementaires et légales inhérentes à l'habitation et la construction ;
  • la recherche d'améliorations souhaitables, aussi bien dans la gestion technique que patrimoniale de l'immeuble, l'objectif étant d'arriver à terme à des immeubles produisant autant, sinon plus, d'énergie qu'ils n'en consomment ;
  • et enfin un diagnostic détaillé des performances énergétiques de la copropriété, de leurs failles éventuelles, et bien entendu des économies d'énergie réalisables à terme.

Au final, le diagnostic technique global devra fournir une évaluation sommaire des travaux indispensables à la conservation et l'amélioration du bien, et préciser notamment ceux à réaliser impérativement dans les 10 prochaines années. Si le diagnostic global est fait avant janvier 2017, seuls les immeubles construits depuis plus de 15 ans sont concernés. Par contre, à partir de janvier 2017, tous les bâtiments collectifs à usage d'habitation de plus de 10 ans d'ancienneté seront soumis à cette nouvelle obligation. Outre le diagnostic technique global, la loi ALUR prévoit également la création d'une fiche synthétique portant sur les données techniques et financières de l'immeuble, ainsi que l'instauration d'un fonds de travaux obligatoires dans les copropriétés dès 2017. Vous trouverez plus d’information concernant le diagnostic technique global ici. Ces nouvelles dispositions sont d'ores et déjà intégrées dans le Code de la Construction et de l'Habitation, dans ses articles L731-1 – L731-5.

 

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