En été comme en hiver, les zones urbaines sont plus chaudes que les rurales. Un phénomène qui s’intensifie depuis les années 1980, et qui prend d’ailleurs toute son ampleur pendant la nuit. Mais comment expliquer ces écarts en seulement quelques kilomètres ? Pourquoi une telle différence de température entre campagne et ville ? Retour sur le concept « d’îlot de chaleur urbain », avec L’énergie tout compris.

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Comment expliquer la différence de température entre campagne et ville ?

L’écart est loin d’être anodin. Selon la saison, il existe une différence de température entre ville et campagne de 4 à 5 °C, en moyenne. Différence qui peut même parfois atteindre les 10 °C, principalement la nuit, entre le cœur d’une zone urbaine et un espace rural proche, situé dans un périmètre de 50 kilomètres.

Ce phénomène porte un nom : îlot de chaleur urbain. Cette notion, qui prend de plus en plus d’importance depuis les années 1980, peut s’expliquer pour plusieurs raisons :

  • Peu de végétation : hormis les parcs et quelques espaces verts, la végétation se retrouve peu présente en ville. Or, ce sont les sols, végétaux et autres plans d’eau qui contribuent à refroidir l’atmosphère via l’évaporation.
  • Les constructions urbaines : les rues des grandes villes forment des couloirs étroits, bordés de longs et hauts murs qui emmagasinent la chaleur, avant de la restituer la nuit. Chaleur qui stagne et se dissipe donc difficilement.
  • L’activité humaine : industries, déplacements de véhicules motorisés, chauffage des bâtiments sont autant d’éléments qui émettent de la chaleur et expliquent les différences de température entre ville et campagne.

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Comment limiter cette différence de température ?

Là encore, c’est du côté de la ville qu’il faut se tourner pour mettre en place d’éventuelles solutions. Comment lutter contre le phénomène d’îlot de chaleur urbain ? Les réponses sont connues :

  • Utiliser des matériaux aux couleurs plus claires : notamment pour les revêtements pour les toits et façades des bâtiments. De cette manière, les rayons du soleil sont renvoyés vers le ciel et la chaleur est moins emmagasinée.
  • Créer et mettre en place davantage d’espaces verts et de points d’eau pour favoriser l’évaporation. Installer de la végétation sur les toits d’immeubles peut aussi être un début de solution.
  • Repenser les schémas urbains afin de créer plus d’espaces ouverts où la chaleur stagne moins.

Des réponses logiques sur le papier mais plus difficiles à mettre en pratique. Pour voir la différence de température ville-campagne diminuer, un plan d’urbanisme général doit être instauré. Or ce n’est pas le cas et seules émergent des décisions de chaque ville, séparément.

Quel impact sur le chauffage en ville et à la campagne ?

S’il faut trouver un avantage aux îlots de chaleurs urbains, c’est que les habitants des villes n’ont pas besoin d’autant chauffer leurs logements que les habitants des zones rurales, plus froides. Selon une étude de l’Observatoire du consommateur d’énergie Crédoc-GDF Suez 2012, les foyers de petites communes ou de zones rurales ont une facture énergétique plus forte de 23 % par rapport à la moyenne des ménages habitant en ville.

Cela s’explique, entre autres, par le plus grand nombre de maisons individuelles à la campagne - souvent moins performantes d’un point de vue énergétique - quand, dans le même temps, les habitants des villes peuvent bénéficier de chauffage collectif dans les immeubles.

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