Le Bureau européen de l’environnement, une organisation non gouvernementale (ONG) rassemblant près de 150 associations, a publié une étude remettant en cause la fiabilité de certains appareils électroménagers et la différence entre la consommation d’énergie réelle et celle annoncée sur l’étiquette en magasin.

L’étiquetage énergétique de l’électroménager est-il précis ?

Un test de consommation d’énergie plus proche de la vie quotidienne

Vert, jaune, orange, rouge. Au moment d’acheter un appareil électroménager, le regard est attiré par ces étiquettes de couleurs affichant des lettres allant d’A+++ à D, et qui présentent la consommation d’énergie du produit. Un indicateur loin d’être anecdotique puisque c’est le deuxième élément que regardent les acheteurs, juste après le prix. Mais la fameuse étiquette énergétique apparaît aujourd’hui comme problématique pour le Bureau européen de l’environnement (BEE).

Pendant dix-huit mois, l’ONG a mené des tests de consommation énergétique sur des lave-vaisselle, des réfrigérateurs et des télévisions. Mais le BEE a bousculé le protocole établi en incorporant des conditions différentes à l’étude « classique », plus proches de la vie réelle, par exemple en ouvrant régulièrement la porte du réfrigérateur alors qu’elle reste fermée lors de l’étude officielle ; étude durant laquelle le test est réalisé non pas avec des aliments mais avec des produits synthétiques ! Pour les télévisions, l’organisation a découvert qu’une simple modification des réglages de l’écran déconnectait le mode éco. Un mode fréquemment utilisé lors des tests énergétiques officiels pour présenter un produit moins gourmand et afficher une étiquette verte.

Jusqu’à 130 % de consommation énergétique en plus

Un appareil A+++ restera toujours moins énergivore qu’un autre moins bien noté, peu importe la façon dont il est testé. Toutefois, en se calquant sur la vie quotidienne des Européens, les résultats prennent malgré tout une autre tournure.

Avec l’exemple des réfrigérateurs testés en conditions réelles, le Bureau européen de l’environnement constate une augmentation de la consommation de 32 % comparée à celle annoncée par les industriels. Pour ce qui est des lave-vaisselle, même constat à hauteur de 70 %. Et pour les télévisions, dont le mode éco se déconnecte, la hausse de la consommation énergétique atteint même 130 % sur certains modèles !

D’une manière générale, il apparaît que 18 % de l’électroménager vendu sur le marché européen présente une consommation supérieure à celle affichée sur les étiquettes.

 

Vers une simplification des étiquettes énergétiques

Suite à son étude, le Bureau européen de l’environnement a demandé une révision des tests et de leurs critères afin de coller le plus possible à la consommation réelle d’un foyer. De son côté, le Parlement européen a annoncé, au début du mois de juin, une simplification des étiquettes-énergies. Au revoir A+, A++ et A+++. À l’horizon 2019, ces indicateurs si importants pour les consommateurs afficheront simplement les lettres A à G. Reste à savoir si elles colleront davantage à la réalité du quotidien.

 

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