La nuit du 26 au 27 mars a été marquée par le changement d’heure. Chaque foyer devait avancer son horloge d’une heure, de sorte qu’à 2 heures du matin, il était 3 heures. Objectif de ce changement : économiser de l’énergie. Ce dispositif est-il vraiment utile ? Le point avec L’énergie tout compris.

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Genèse du changement d’heure
Changement d’heure et économie d’énergie

Le changement d’heure, qui a lieu deux fois par an est un geste ancré dans les habitudes des Français et d’environ 70 autres pays dans le monde depuis de nombreuses années. L’objectif de ce dispositif est d’aider les pays à réaliser des économies d’énergie. L’idée est de faire correspondre au mieux les heures d’activités avec les heures d’ensoleillement afin de limiter l’utilisation de l’éclairage artificiel.

En France, la mise en place du dispositif date de 1975 et elle faisait suite au choc pétrolier de 1973 au cours duquel le prix de l’électricité avait atteint des sommets.

Le changement d’heure a été harmonisé à l’échelle européenne en 1998 par une directive. Ainsi, chaque pays de l’UE change d’heure le dernier dimanche de mars à 2 h du matin. Le passage à l’heure d’hiver se fait quant à lui le dernier dimanche d’octobre à 3 h du matin.

Outre les économies d’énergie, cette mise au diapason visait aussi à faciliter les transports, les communications et les échanges entre pays européens.

Un dispositif à l’efficacité modérée et décrié par les Français

Peu efficace le changement d’heure ? C’est en tout cas ce que laisse penser une étude de l’Adème. Pour ce qui est de l’éclairage : « En 2009, ces gains ont représenté de l’ordre de 440 GWh, soit l’équivalent de la consommation en éclairage d’environ 800 000 ménages ». Un chiffre que l’on pourrait qualifier de modeste à l’échelle de la France. À l’horizon 2013, l’Ademe indique qu’il devrait être encore moins important, avec une moyenne de 340 GWh. Cette baisse prévisionnelle trouve sa source dans le développement massif des solutions d’éclairage basse consommation.

Pour les usages thermiques, les économies ne sont « pas significatives en 2009 », toujours selon l’Ademe. L’organisme note toutefois que des gains additionnels de 130 GWh électrique sont possibles d’ici 2030, à condition que des systèmes de régulation automatique de la température soient installés.

 

 

Du côté des Français, on notera le fait que ce dispositif ne rencontre pas véritablement un écho positif. Dans un sondage Opinion Way pour Comprendre Choisir réalisé en 2015, 54 % des Français indiquaient être contre ce dispositif. Le reste se répartit entre ceux que le changement laisse indifférents (27 %) et ceux qui sont en faveur du dispositif (19 %). 59 % des sondés ont aussi indiqué que le changement d’heure ne permettait pas de réaliser des économies d’énergie. Une opinion qui en pratique n’est pas vraiment démentie par les chiffres mis en avant par l’Ademe.

Le rejet du changement d’heure trouverait également sa source dans les effets négatifs induits par le changement d’heure. Sommeil, sautes d’humeur, fatigue, alimentation : ils seraient 79 % à faire face à des troubles de différents ordres. Du côté des scientifiques, les avis divergent concernant les bienfaits du changement d’heure et il existe de nombreuses études contradictoires.

Vers l’abandon du changement d’heure ?

 

 

En l’absence de répercussions probantes sur les économies d’énergie, les heures du dispositif pourraient être comptées. Ségolène Royal s’était prononcée au printemps 2015 sur la vérification de l’impact du changement d’heure. Une affirmation qui semble pour le moment oubliée. Le débat est donc loin d’être clos.

Pour aller plus loin :

 

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