Environ un tiers du parc nucléaire assurant la production électrique en France est indisponible. Pour pallier ce déficit, la filière bois pourrait se développer afin de répondre à une demande en croissance constante. Le chauffage au bois est-il en passe de remplacer l’électricité ?

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Le chauffage au bois pour remplacer les réacteurs nucléaires ?

En novembre dernier, la filiale d’EDF RTE (réseau de transport d’électricité) chargée de gérer les lignes à haute tension du pays annonçait un hiver rigoureux, et pas seulement sur le plan des températures. En effet, environ 1/3 des réacteurs du parc nucléaire français est à l’arrêt en raison de défaillances ou de procédures de contrôle. La production d’électricité en France et son approvisionnement pour l’hiver s’annoncent par conséquent bien plus complexes que les années précédentes. Pour pallier ce manque, le chauffage au bois pourrait représenter une solution aussi rentable qu’efficace. C’est en tout cas l’avis du SER (Syndicat des énergies renouvelables).

Cette solution de chauffage représente actuellement la première source d’énergie renouvelable exploitée en France, alimentant près de 8 millions de foyers en complément d’un autre mode de chauffage dans 80 % des cas. Elle permet également de réduire la demande en électricité du pays entre novembre et mars, période pendant laquelle le chauffage nécessite à lui seul une capacité de production électrique moyenne de 20 GW par jour. Pendant cette période de pics de consommation, le chauffage au bois fournit 5 à 10 GW par jour aux foyers français ; un apport conséquent qui permet d’alléger la production du parc nucléaire.

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Filière bois : en France, encore de nombreux freins

Si le chauffage au bois représente une alternative efficace pour pallier les faiblesses du système de production d’électricité en France, plusieurs freins existent à son déploiement à plus grande échelle, comme le faible prix du fioul par exemple.

Par ailleurs, la création d’un conduit de fumée dans les habitations ne fait pas partie des travaux éligibles aux aides publiques. Le SER préconise ainsi de rembourser ce type d’intervention et de prévoir cet équipement dans les logements neufs, pour inciter les foyers à y avoir recours. Le syndicat souhaite aussi instaurer une prime à la casse pour les appareils de chauffage au bois vieillissants et une baisse de la TVA sur les combustibles bois pour promouvoir la filière. En France, la filière bois représente près de 20 000 emplois, d’où l’importance de l’aider à se développer dans les années à venir.

Par souci écologique, seuls les appareils de chauffage à foyer fermé, à insert ou disposant du label « Flamme Verte » sont préconisés. Reste à savoir si les ressources de bois du pays peuvent permettre d’alimenter une demande croissante, tout en permettant une gestion forestière durable.

 

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