Face à l’augmentation des prix de certaines énergies, de plus en plus de ménages rencontrent des difficultés pour se chauffer et sont en situation de précarité énergétique. Un constat alarmant à l’approche de l’hiver.

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Quand l’accès à l’énergie représente un luxe
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Se chauffer, ce geste banal pour nombre d’entre nous, peut devenir une véritable source d’inquiétude pour certains foyers en France. En effet, selon l’enquête logement réalisée par l’Insee en 2013, 5,8 millions de ménages souffrent de précarité énergétique : cela représente 1 foyer sur 5.

La loi du 12 juillet 2016 portant engagement national pour l’environnement permet d’identifier les ménages concernés par cette situation : « une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’habitat. » Dès lors, doit-on choisir entre se chauffer au risque d’avoir des impayés auprès de son fournisseur d’énergie ou ne pas se chauffer au risque de subir les conséquences du froid ?

Les victimes de la précarité énergétique

Finalement, c’est la double peine pour les ménages les plus vulnérables pour lesquels l’énergie représente plus de 10 % de leurs revenus. Selon l’Ademe, le budget consacré à l’énergie pour les 20 % de foyers les plus pauvres est 2,5 fois plus élevé que celui des 20 % des foyers les plus riches. L’accès à l’énergie est donc une source d’inégalité sociale.

La précarité énergétique, cette impossibilité de se chauffer correctement, peut donc toucher tout le monde. Selon l’enquête logement de 2013 de l’Insee, les ménages touchés peuvent être :

  • des personnes âgées : en raison de petites retraites, elles ne peuvent pas réaliser de travaux pour améliorer l’isolation et le chauffage de leur logement (25,4 %) ;
  • des locataires (25,2 %) ;
  • des propriétaires-occupants (19,5 %) ;
  • des habitants de maisons individuelles (17,1 %) ;
  • des jeunes (19,1 %)…

Causes de la précarité énergétique

Au-delà du coût de la fourniture énergétique, la vétusté et l’ancienneté des logements expliquent aussi ce phénomène. En effet, près de la moitié des logements construits avant 1975 n’ont pas de double vitrage. Au contraire, les immeubles construits après 1975 sont plus performants au niveau thermique : isolation de la toiture, logements moins humides…

Des dispositifs pour lutter contre la précarité énergétique

Plusieurs dispositifs existent pour aider les foyers en situation de précarité énergétique. Ces derniers peuvent demander des tarifs sociaux depuis 2004 pour l’électricité, et 2008 pour le gaz. Dans le cas de projets de travaux dans leur logement, ils peuvent aussi obtenir des aides telles que le CITE (crédit d’impôt pour la transition énergétique) ou l’éco-prêt à taux zéro… Pour compléter ces dispositifs, depuis le 1er janvier 2016, les ménages les plus modestes peuvent bénéficier de la prime de précarité énergétique. Elle a pour objectif de les aider à financer les travaux de rénovation de leur logement : amélioration de l’isolation, changement de système de chauffage…

 

Le saviez-vous ?

65 % des personnes souffrant de précarité énergétique vivent en milieu urbain.

 

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